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Dischordian - Bluefrog, Mumbai (07/07/2010) 
Thursday, July 8, 2010, 06:45 PM
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Après quelques verres plutôt alcoolisés, quelques plats autant savoureux que coûteux, le projet solo, transformé depuis en trio puis en quatuor, Dischordian s'avance sur la scène, guitares, saxophone et batterie en mains. Pas d'électricité dans l'air avec les guitares, le groupe joue sobrement et efficacement un set acoustique et caustique. Le folk-rock expressif et dynamique des jeunes gens résonne dans tous les coins du Bluefrog, extravagante et onéreuse salle de concert/restaurant/bar lounge à la décoration moderne et pensée pour le live. L'harmonieux mélange des instruments transporte, bouleverse et anime, les rôles s'échangent, les voix se mêlent les unes aux autres pendant toute la durée du concert. Le batteur quitte ses fûts pour souffler quelques notes de sa trompette ou abandonne ses baguettes pour frapper le rythme au tambour avec ses mains, offrant une plus grande profondeur aux compositions.

De nombreuses reprises seront faites durant la soirée, de Bob Dylan aux Misfits et leur Die, die my Darling, excité et rageur ; du folk pop mielleux au folk rock inspiré. Dischordian n'hésite pas à passer du gai au triste, du lent au véloce. Les rythmes bluesy et folk se rencontrent pour un rendu terriblement humain, avec une énergie et une passion se dégageant du flot de notes que déversent les deux guitaristes. Tous deux aux compétences et influences réfléchies et mûrement assimilées, ajustant leurs techniques pour chacun des morceaux.

L'utilisation du saxophone soprano est un ajout des plus remarquables et apporte un certain vent de fraîcheur et ajoute une dimension considérable lorsqu'associé à la trompette. Mais le plus surprenant est à venir, lorsque le pianica est utilisé pour quelques pirouettes sonores, peu banal dans ce genre de formation. Étonnant. Mais pas déconcertant pour autant. Si le groupe continue à travailler sur l'exploitation et l'exploration de ces différents instruments pour créer une musique en toute simplicité, sentimentale et rafraîchissante. Dischordian porte bien son nom.
Lounge Piranha - Hard Rock Cafe, Bangalore (24/06/2010) 
Friday, June 25, 2010, 10:00 AM
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Les yeux tournés vers le ciel, le concert début juste après la victoire de la Slovaquie contre ces simulateurs d'Italiens. Après quelques bières à un prix excessif, Lounge Piranha prend place sur la scène surélevée au-dessus du bar. Ça débute avec quelques nappes de didgeridoo, puis viennent se placer les deux guitares et la batterie pour quelques mouvements ambient et lascifs. Le groupe joue ce soir en formation réduite : pas de basse, pas de samples ni de jeux de lumières ou très peu. Lounge Piranha joue dans un registre rock des plus balancés, sinueux, avec d'énergiques passages aux sonorités quasi-garage. Malgré son effectif quelque peu réduit, une réelle intensité s'en dégage. Le son de très bonne qualité du Hard Rock Cafe enrichissant cette expérience, malgré quelques problèmes d'ordre technique en début de performance.

Le beau se trouve dans la pluie de notes déversées sur la foule. Les prouesses instrumentales des deux guitaristes déchirant l'espace entrent en osmose, se complètent et s'étirent afin de rentrer en ébullition, pour mieux secouer nos têtes ahuries. Les mots ne sont peut-être pas bien choisis, tel un concert de quelque expérimentateur noise, la démonstration est à vivre en direct, plutôt qu'en différé à l'écrit. L'excitation s'est répandue dans nos oreilles, s'y est logée confortablement et a bientôt fini par envahir complètement notre être, secoué de quelques tremblements, quelques picotements dans les yeux, sur la peau.

Le groupe joue avec les sons, les longues phases d'asymétrie musicale, de décollements outranciers de quelques rythmes tendus, comme en équilibre sur notre tête. Laissant de vives empreintes et sensations sublimes et détachées. Une performance peut-être trop courte, mais d'une intensité et d'une ardeur exquises. Un festival de sons et d'images, de couleurs et de sentiments.

Petit bonus : les photos qui vont bien
Puffyshoes - Something Gold 
Wednesday, June 2, 2010, 02:16 PM
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À peine quelques mois après sa formation, le duo fait parler de lui avec un premier album qui éveille la curiosité de différents médias. Cité comme étant l'un des quatre groupes rock japonais à suivre en 2010 par le Japan Times, encensé par divers webzines, blogs et autres, cette popularité grandissante est l'annonce certaine d'un succès planétaire ! Car oui, malgré ses enregistrements maladroits, ses nombreuses pétouilles en concert (ou même en studio, car les disques sont enregistrés dans des conditions live), Puffyshoes séduit, enchante et amuse l'auditeur. Preuve en est les nombreux labels et distributeurs qui s'occupent de sa diffusion en Europe, au Canada et au Japon bien entendu.

À califourchon sur un poney rose bonbon, le décollage pour le pays mielleux et moelleux est imminent. Alors que d'autres se vautrent dans un effort technologique en oubliant d'y inclure une pincée de spontanéité, Puffyshoes joue la carte des drôleries. Sorte de mélancolie d'un temps révolu, comme une subite envie de redonner vie à des années folles, pour éveiller en nous l'enfance trop vite disparue. Ces deux étranges bestioles ne tardent pas à nous faire tourner la tête avec leurs galipettes sonores sucrées. Tête plongée dans un amateurisme assumé, les deux punkettes agitent leurs bras dans tous les sens pour qui veut bien les attraper, pour qui veut bien en saisir l'essence.

Les deux mignonnes s'égosillent et s'acharnent sur des mélodies simples et efficaces, formant une masse sonore qui fait sautiller les neurones et oblige à reprendre avec elles paroles sucrées et rythmes tapageurs (avec les pieds). Something Gold est un album brut, moelleux et candide, ravissant le cœur et les oreilles, et laissant pantois du début jusqu'à la dernière seconde.
Le beau temps 
Monday, May 31, 2010, 11:21 AM
Posted by Administrator
Ah qu'il fait bon... À l'ombre, sirotant un jus de fruit au bord du lac Hussain Sagar. Je ne mets vraiment jamais ce blog à jour, même si je dis que je vais le faire à chaque fois. Je me sens un peu seul et mes cheveux sont en train de sécher, donc j'en profite pour écrire une petite note avant de sortir prendre l'air.

Il fait beau, il fait chaud. Je n'ai pas encore entamé la lecture des ouvrages que j'ai amené avec moi, tellement ébahi par l'activité de la ville. Je pensais profiter de ce voyage pour réfléchir et faire quelques activités intellectuelles intéressantes, mais il n'en est rien, pour le moment. La ville a pris le pas sur ma conscience et je me sens comme absorbé par elle. Il me reste encore un mois à passer dans cette grande ville qu'est Hyderabad et je n'ai pas encore découvert toutes ses merveilles. Les gens y sont fort sympathiques et n'hésitent pas à me demander d'où je viens avec mon teint blafard. La description n'est pas vraiment mon fort, de fait je ne peux réellement exprimer ce que je ressens. C'est pour cela que je préfère me taire. Je ne sais pas si des photographies peuvent retranscrire fidèlement l'élégance et la grandeur de cette ville. Je m'abstiens donc d'en publier pour le moment, de peur de pâlir son image, de ne pas lui rendre honneur.

La nourriture est merveilleuse, ma langue s'habitue aux différents piments, mais mon appétit s'est réduit de moitié depuis mon arrivée, je ne mange guère le soir, mais cela me suffit amplement. Je ne sais pas vraiment quoi écrire de plus pour le moment. Je compte aller voir le Charminar demain et en prendre quelques portraits. Peut-être les publierais-je si ceux-ci me conviennent.
eseroman - elenpywo 
Monday, March 15, 2010, 02:18 PM
Posted by Administrator
Les allusions absurdes et autres métaphores pompeuses sont nombreuses pour décrire la musique d'eseroman, mais quel autre mot peut mieux l'identifier que "zeuhl", tout simplement ? Évidemment, il serait réducteur et mal venu de coller bêtement cette étiquette au groupe, on risquerait alors de se faire taper sur les doigts et de dire une grosse ânerie.

Alors que d'autres jouent la carte du rythme simple et unique tout du long, eseroman excite les fûts et les cordes dans un torrent irrépressible de décibels déchirés et volant en tout sens pour nous titiller les oreilles. À la première écoute, on se sent las et perturbé par ces soudains changements de rythmes, mais au final, on se prend au jeu, on tente de s'y accrocher quelques secondes avant d'être comme largué en pleine mer face au tsunami électrisant que forme cette grosse masse sonore, tintamarre égoïste. Égoïste, car les accords se suivent mais ne semblent pas vraiment se répondre, comme s'ils n'en avaient rien à foutre, se brisant à la moindre occasion pour nous laisser encore plus dans le doute et l'extase.

C'est cette obsession à toujours vouloir en rajouter, encore et encore, qui prodigue au groupe cette sensation d'épanouissement continuel, d'évolution permanente du son. Mais pourtant les faits sont là, rien ne bouge, tout est déjà en place, tout s'écroule en un instant. Les compositions d'eseroman sont comme des dizaines de murs construits les uns devant les autres que les membres s'évertuent à détruire, créant ainsi une boucle mouvante et touchante. Les cloisons ne nécessitent jamais plus de trente secondes à être brisées. Tantôt la batterie se charge de les mitrailler de ses cymbales éclatantes, tantôt c'est à la guitare de lui assener de terribles coups d'un doigté minutieux et décapant.

Une bonne dose de punk dilué dans de l'huile de zeuhl saupoudré d'un zeste de psychédélisme pour une sauce grasse et coulante. elenpywo peut plaire aux boutonneux comme aux chevelus fans de série B avec ses références cinématographiques décoiffantes. Kaléidoscope sauvage et audacieux où défilent chevauchés sauvages avec seins bringuebalant au vent en prime, séances voodoo autour du feu ou matraquage de zombies à grands coups de trompette, ce disque est comme une épopée (trop courte, malheureusement), qui nous balance en mille lieux hallucinés, improbables et exotiques.

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