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Maldoror - She 
Friday, February 12, 2010, 02:19 PM
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Maldoror est une nouvelle poétique, une épopée se hasarderont à dire certains, publiée sous le nom "Les Chants de Maldoror" dès 1868 par Isidore Lucien Ducasse. Mais il n'est pas question ici de littérature, bien que, forcément influencée, la musique n'en est pas moins dissociée. Maldoror c'est donc l'association de deux personnalités fortes, une fusion inestimable qui fera parler d'elle, encore maintenant. Quoi que si on y réfléchit bien, non, on n'en parle pas tellement de ce duo, c'est avec ces quelques notes d'introduction que l'on peut se permettre d'écrire une critique plusieurs années après sa sortie.

She est la seule relique de l'alléchante association des deux zigotos, une collaboration qui durait à l'époque depuis quelques temps déjà. Les deux messieurs étant chacun très actifs et productifs, cette association, non loin d'être évidente se devait d'être faite un jour ou l'autre... Que l'on s'entende bien, Masami Akita et Mike Patton, si ce n'est le début de leur prénom, n'ont pratiquement rien en commun hormis le fait de travailler avec des artistes similaires et d'être tout deux des artistes méritants et mérités, éclectique même pourrait-on dire. Car oui, on aime ou on n'aime pas, certaines compositions sont plus accessibles que d'autres, en bref, c'est un "choc des titans" que l'on espérait depuis longtemps et qui finalement n'est pas aussi fort que l'on aurait pus croire.

Un Mr. Bungle croisé avec Merzbow ? Un Peeping Tom, alors ? Le projet se rapprocherait plutôt d'un embryon de Fantômas qui aurait atterri par pur hasard dans la gueule du grand Merzbow. La première piste peut laisser perplexe, Butterfly Kiss ne dure que trente secondes et nous fait déjà entendre que la folie furieuse de Patton ne sera vraiment pas mise de côté. Lorsque qu'il y a inscrit Masami Akita et Merzbow sur le disque, on n'est sûr de ne pas s'être trompé sur la marchandise, il s'agit bien de cela, aucun des deux n'est mis à l'écart, aucun des deux n'est mis en avant plus que l'autre. En restant dans le domaine du rationnel et en étant tout à fait objectif, il n'est pas vraiment concevable d'attribuer de quelconques adjectifs à cette œuvre, une œuvre que l'on pourrait qualifier "d'alternative", moderne, qui ne cherche pas midi à quatorze heures et qui saura satisfaire les sympathisants et deux artistes.

Cette fois, la musique ne se fait plus sexuelle mais presque enfantine, le bondage est laissé de côté pour mettre en avant un aspect plus cartoonesque que Patton apporte de manière déconcertante via ses nombreux samples de dessins animés sur un fond noise qui se fait de plus en plus puissant et volatil, que Monsieur Akita saura mettre en valeur sur la longueur de l'album. She n'est pas de ces albums à prendre de manière totalement sérieuse, les enregistrements studio et la sortie chez Ipecac Recordings (le propre label de Patton) sont décevants, pas au point de ne pas savourer l'éclat sonore qui nous est offert jusqu'à la dernière goutte, mais décevant de par toute la retenue dont font part les deux compères. En concert, cela doit être une autre paire de manches. Aucun enregistrement "officiel" n'est à ce jour disponible, quelques bootlegs traînants de-ci de-là ne nous permettent pas de nous faire vraiment une opinion sur l'impact live de cette drôle de collaboration.

On s'y prend un peu tard pour réaliser une chronique complète d'un tel album, qu'il aurait mieux valu goûter encore tout chaud bouillant, ainsi on aurait pu espérer attraper des deux mains l'excitation provoquée par cette sortie que l'on attendait depuis longtemps (les enregistrements ont débuté en 1997 !). En bref, ce disque est une pure merveille pour qui sait tendre l'oreille et apprécier les moindres hurlements et extravagances des deux artistes, si vous n'avez jamais su aborder le moindre album de l'un des deux, alors She peut être un point de départ, parfait en ce cas. Un disque plutôt court (un peu moins de quarante minutes) mais qui s'apprécie d'un bout à l'autre. Une œuvre forte.
Koenjihyakkei - Le Triton, Les Lilas (01/05/2009) 
Friday, September 25, 2009, 02:32 PM
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Alors que magma a engagé cette année une gigantesque tournée pour fêter ses 40 années d'existence, Koenjihyakkei qui en est très largement inspirés a décidé de réaliser sa toute première date française le premier mai. Date qui sera bien évidemment suivie d'une tournée européenne quelques mois plus tard, dans le même temps que sa participation au Rock in Opposition aux côtés de magma. Pour le moment, ce qui nous intéresse ne se passe pas quelques mois dans le futur mais maintenant. Koenjihyakkei nous donne donc rendez-vous dans la très bonne salle Le Triton aux Lilas. Dès notre entrée dans la salle, on nous annonce la couleur ; ce concert se vivra intensément dans la position la plus à même de nous procurer toutes sortes de sensations : assise.

Ce soir, beaucoup de fans de magma se sont réunis, on peut voir en vrac des personnes arborant le pendentif ou le T-shirt du groupe. C'est donc un public très friand du genre qui attend le groupe au tournant pour cette première française. Considéré par beaucoup comme étant le projet le plus ambitieux et le plus abouti de Yoshida Tatsuya, Koenjihyakkei possède une réputation qui n'est plus à faire dans le milieu de la musique avant-gardiste, une fusion jazz/rock progressif/hardcore/opéra et plein d'autres jolies choses que l'on va pouvoir apprécier plus en profondeur ce soir.

Le maître des lieux s'avance vers le micro pour nous annoncer le déroulement de la soirée, ainsi il nous annonce que le concert de ce soir se divisera en deux parties et que nous découvrirons des sons qui nous sont familiers. L'heure du spectacle sonne enfin, les lumières s'atténuent peu à peu, le groupe ne met pas bien longtemps à apparaître sous des applaudissements qui n'en finissent plus. La formation se met en place, agrippe ses instruments et se prépare à nous envoyer la sauce. Ça va faire mal.

Le premier set débute fort avec Angherr Shisspa, issu de leur quatrième album du même nom. C'est une débauche d'énergie qui s'engage alors, les morceaux joués dans la soirée sont choisis avec élégance, sans privilégier un album en particulier, Koenjihyakkei jouera un large panel de son répertoire, avec des morceaux bien évidemment remis au goût du jour pour l'occasion, changement de membres oblige. Il serait bien facile de qualifier la musique de Koenjihyakkei de "zeuhl" tout simplement, le groupe joue certes une musique qui est en très largement inspiré, les membres le revendiquent d'ailleurs ouvertement. Bien au-delà de ça, la formation mélange les genres et nous pousse encore plus loin dans l'appréciation de la profondeur musicale qu'elle nous offre.

Un concert d'une intensité rare, les instruments livrent à nos oreilles des sonorités fantastiques et surréelles où les tempo changent toutes les minutes, où la fièvre monte plus que de raison dans ce tourbillon de sons en tout genre. La musique de Koenjihyakkei nous pénètre par tous les pores de notre peau et nous insuffle sa formidable énergie et toute sa force. Chacun des instruments met nos sens en éveil et nous suspend dans le vide à chaque violente montée en puissance. Une musique chimérique, unique et incandescente. Quelques petits soli par-ci par-là excitent l'assemblée et nous offrent par la même, un petit concentré de force pure. Taku Yabuki laisserait de côté ces deux claviers à plusieurs reprises pour quelques petites sessions de piano bien dans le ton et follement excitées.

Pour achever la première salve de titres, nous avons droit à Avedumma, sorti tout droit de leur premier album, le début est très festif, un chant quasi-fantomatique. Les chants se mêlent et se démêlent, aigus ou gutturaux, cet opéra surréaliste et bruyant nous avale tout entier. Les instruments semblent se parler et se répondre avec excitation et ferveur. Paroles folles récitées dans un langage qui n'est pas sans rappeler le Kobaian créé par Christian Vander, une langue artificielle qui joue surtout sur les sonorités de ces mots.

Après une petite dizaine de minutes, la seconde partie du concert peut débuter avec un petit Tziidall Raszhisst, suivi de près par Nivraym et sa voix imposante et puissante, faisant à certaines reprises penser à des incantation africaines ou des rites chamaniques ancestraux. Notre corps se décompose alors sous les notes des différents instruments, Yoshida Tatsuya nous assomme de ses coups violents et directs. Sakamoto Kengo et sa basse vrombissante, lourde comme le serait une tonne de plomb nous tombant dessus, nous fait vibrer sur des rythmiques désarticulées. Le saxophone soprano de Keiko Komori, complètement fou nous assure une fusion qui résonne dans tous les sens. Taku Yabuki et ses deux claviers tissent les mélodies une à une sur lesquelles se superposent la voix de Ah qui sait se faire puissante et angélique tout au long de la soirée.

Le fabuleux mariage de tous les instruments transporte notre âme aux confins même de notre esprit. On ferme les yeux pour se laisser envahir et dévorer par cette entité qui nous surpasse, qui vit bien au-delà du temps tel que nous le connaissons, au-delà de l'espace même, chaque vague est une violente secousse qui vient nous éveiller et finit par nous submerger. Ce n'est plus un simple concert auquel nous assistons ce soir, c'est une véritable scène de la vie, de la nature elle-même. Comme magma a su qualifier sa musique de "Musique des forces de l'univers", Koenjihyakkei fait aussi vibrer les forces de l'univers et nous balance à toute vitesse une énergie phénoménale et hallucinante. La musique soulève notre cœur et nous fait frissonner, bien plus qu'une simple prestation, c'est une expérience qui se vit ici de tout notre corps, de toute notre âme.

Tellement de choses sont à dire sur le concert et le concept même du groupe. Il n'est pas aisé de développer en une poignée de lignes et de faire comprendre à ceux qui n'y ont pas assisté, à quel point le groupe est fort et intense. Les morceaux sont comme, joués à l'envers, à toute vitesse, lancés dans l'infini. Chacun des instruments est complémentaire d'un autre, un même rythme est souvent joué par tous en même temps, faisant ainsi régner une certaine confusion, une symphonique et merveilleuse cacophonie qui nous fait oublier nos idées noires. Une expérience riche et intense que l'on admire avec plaisir sans en perdre une seule miette.

Koenjihyakkei réunit toutes les forces cosmiques de l'univers pour nous servir une musique riche, dense et précieuse, céleste qui s'élève bien au-delà des nuages pour nous faire planer et faire envoler notre esprit pour qu'il flotte dans l'univers infini. C'est une expérience quasi-orgasmique que nous vivons ce soir dans cette bien jolie salle. Un concert qui fait apparaître dans notre esprit moult images. Une expérience que nous souhaiterions voir durer éternellement. Entre chaque morceau, l'un des membres prend la parole pour essayer de présenter le prochain titre dans un anglais approximatif ou carrément en japonais, quitte à ne se faire comprendre que par une minorité.

Pour terminer ce beau concert, Koenjihyakkei revient pour un rappel d'une seule chanson et annonce que c'est un très vieux morceau composé en 92, il s'agit de Sunna Zarioki, morceau extrêmement jouissif, dansant et entraînant. Répétitif, hypnotisant et bordélique à souhait. Le groupe invite même le public à scander le refrain avec lui. Une fois le morceau achevé, le groupe quitte la scène encore une fois, cette fois-ci pour de bon, mais c'était sans compter le rappel immédiat du public qui, bien évidemment, a encore faim. C'est donc sous des hurlements, des applaudissements qui pleuvent par centaines que le groupe revient sur scène, annonçant dans un premier temps qu'il n'y a plus de morceau prévu, cependant, Pamillazze sera tout de même joué, pour le plus grand plaisir de tous. Un morceau malheureusement trop court qui met en avant le chant et le piano, une sorte de morceau improvisé avec des claquements de notes dans tous les sens.

Cette fois-ci, c'est malheureusement bel et bien terminé, Koenjihyakkei aura tout de même joué près de deux heures et demie, pour le plus grand plaisir de nos oreilles, qui auront pu jouir d'un spectacle intense et ô combien rare de nos jours. Un spectacle d'une beauté impressionnante que l'on souhaite revoir bien vite. Heureusement, le groupe sera de retour en France en septembre, si vous avez loupé cette toute première date française, sautez donc sur l'occasion pour découvrir l'un des plus beaux joyaux nippons de ces vingt dernières années.
Soyons fous 
Thursday, July 30, 2009, 10:24 PM
Posted by Administrator
Allez, je suis fou, j'écris un second billet avant le début du mois d'août ! Je ne sais pas pourquoi je n'écris pas un peu plus souvent sur ce blog, ça me détend et au moins je sais que je peux dire beaucoup de conneries, car je ne suis pas lu. Enfin bref, soyons fous, donc, c'est le sujet et je suis fou, je vais encore partager une petite découverte, enfin, plutôt une perle du métal nippon. J'ai découvert un groupe il y a de cela quelques mois, il n'est pas bien vieux, il a été formé en 2004 me semble-t-il, mais il a déjà à son actif un album et plusieurs EP, ainsi que pas mal de morceaux en téléchargement/bonus.

ikd-sj

Site officiel : http://www.ikd-sj.com/
Myspace officiel : http://www.myspace.com/ikdsj

À la croisée des genres, ikd-sj se distingue par sa pluralité. Ce n'est pas un groupe unique, certes, mais ikd-sj m'a fait tilter dès les premières secondes du morceau qui me l'a fait découvrir : Celeb Hunter. J'ai secoué ma tête dans tous les sens avant de réaliser ce qui m'arrivait. J'ai reçu une décharge électrique en pleine gueule en écoutant ce morceau, c'est puissant, intense, fort, le morceau ne laisse pas une seconde de répit, on pourrait penser que plusieurs compositions ont été broyées, hachées et compressées pour en sortir ce seul et unique morceau d'un peu plus de quatre minutes. Je ne peux que vous conseiller de jeter une oreille à leur myspace, vous n'en reviendrez certainement pas. Une grosse claque, pour ma part.
Découverte du moment 
Thursday, July 16, 2009, 08:59 PM
Posted by Administrator
J'étais en train d'écrire cette entrée au travail, mais j'ai été réveillé par le patron qui voulait que je contacte des fournisseurs pour des demandes de prix, donc malheureusement, je ne sais plus exactement ce que je disais ni ce que je voulais dire. M'enfin bref, l'essentiel c'est que je me souvienne du sujet de cette entrée, à savoir une découverte musicale. Eh oui, j'aime découvrir de jolies (ou moins jolies) choses. Je vais donc, au gré de mes envies, poster sur mon blog quelques découvertes que je fais au détour d'un site web à la recherche de je ne sais quoi.

La découverte du moment :
Seppuku Pistols (désolé, les kanji ne passent pas sur ce site)

Site officiel : http://seppukupistols.soregashi.com/
Myspace officiel : http://www.myspace.com/seppukupistols

Je n'ai malheureusement pas beaucoup d'informations sur ce groupe, tout ce que je sais c'est qu'il est vraiment, mais alors vraiment très nationaliste. Il y a une chanson qui est dédiée à Yukio Mishima (disponible sur leur myspace), ne comprenant pas vraiment le Japonais, je ne peux pas vraiment dire grand chose à propos du groupe en lui-même, ni des thèmes qu'il explore, quoi que j'aimerai bien en apprendre plus. Comme on peut s'en douter au vu du nom, il s'agit d'un groupe "punk" influencé par les Sex Pistols (il n'y a qu'à écouter Nanking Boogie pour s'en rendre vraiment compte !), mais pas que. On y retrouves des éléments technoïdes vraiment branchouilles et entraînants, ainsi que des instruments traditionnels répétés en boucles. Dès que j'aurai mis la main sur une sortie du groupe, lors de mon séjour au Japon peut-être, j'en dirais plus.

Voilà, si vous avez des informations sur ce groupe ou si vous voulez parler de groupes de même inspiration, de même qualité, n'hésitez pas.
Shonen Knife - La Mécanique Ondulatoire, Paris (28/06/2009) 
Monday, July 13, 2009, 02:28 PM
Posted by Administrator
C'est un concert que l'on espérait même plus et beaucoup ont été étonnés par son annonce. Shonen Knife est enfin de retour en Europe après 16 ans d'absence, 16 longues années. Le 28 juin 2009, la tournée européenne du groupe s'achève enfin après une dizaine de dates en Allemagne et en Angleterre, le concert parisien sera la seule et unique date française du groupe, les filles sont exténuées et on comprend pourquoi, le lendemain a lieu la dernière date de la tournée. Mais l'épuisement du groupe ne l'empêchera pas de jouer un show vif et excitant.

La Mécanique Ondulatoire n'est pas une salle parisienne très réputée, elle est même plutôt honnie par beaucoup et ça se comprend. Une cave à vin transformée en salle de concert tout en longueur, avec des enceintes juste devant la scène, trois pauvres spots et une scène ridiculement petite, voilà ce qui attend la vingtaine de personnes présentes. Shonen Knife pourtant connu et reconnu à l'étranger ne rameute pas grand monde ce soir, mauvaise communication ? Peut-être, en tout cas, le public présent en a pour ses sou-sous. Constitué essentiellement de "bobos" parisiens, le public n'est pas bien vivant, à part hocher la tête à quelques reprises, ne provoquera aucun pogo en règle, chose regrettable pour un concert punk de ce niveau !

Pas de temps à perdre pour les Shonen Knife, le concert débute avant même que tout le monde soit rentré dans la salle, pas bien grave, la vingtaine de personnes présentes, bière en main, a vite fait de s'installer devant la scène pour profiter du concert. Le punk surgit alors. Un punk guilleret qui ne semble pas percuter grand monde, et pourtant, l'énergie dégagée par le groupe est vraiment forte, les titres s'enchaînent à une vitesse ahurissante, le temps s'écoule sans même que l'on s'en rende compte ou que l'on s'en lasse une seconde, les filles nous inondent les oreilles de décibels brouillés par un son "crade" caractéristique du genre, peu aidé par la qualité acoustique de la salle.

Le concert ne leur fait pas vraiment honneur, le public à moitié endormi hoche fébrilement la tête en chaque tintement de cymbale, mais ne semble pas vraiment convaincu. Naoko hurle ses paroles sucrées tout en masturbant sa guitare pour nous faire vibrer dans son monde en chocolat, accompagnée par Ritsuko à la basse, secouant la tête en nous éclaboussant de ces accords démembrés. Ce soir, le groupe n'est pas très en forme, mais nous fait tout de même partager son exubérance de folie, ainsi que son goût prononcé pour la bouffe.

Le trio, malgré la fatigue générale, nous offre des versions musclées et sur-vitaminées de leurs chansons, ce soir, l'album Supergroup, dernier en date, est à l'honneur, alors que les versions studio des compositions des filles paraissent plutôt calmes, tirant carrément sur le côté punk-rock, en concert c'est une toute nouvelle vision des choses qui s'offre à nous, réveillant ainsi le punk qui vit en chacun de nous. La belle batteuse Etsuko matraque ses fûts plus que de raison pour nous engourdir les sens. La vigoureuse moulinette fait de véritables miracles, la reprise de Top of the World de The Carpenters réveille un peu le public, pas assez pour qu'un pogo se déclare, mais l'intention est là.

Shonen Knife est un groupe qui, malgré les années, a su garder une telle fraîcheur et une telle énergie que l'on est souvent étonné à chaque sortie d'album, malgré la constante plus ou moins punk qu'affichent les filles, on peut noter quelques variances, ce soir elles nous en donneront la preuve, avec un titre typé heavy metal où les filles se défouleront en balançant leurs cheveux en tout sens pour nous en mettre plein la vue. Du bonheur. Ce groupe légendaire ne cessera donc jamais de nous surprendre malgré les années.

Leur admiration pour les Ramones sera prouvée elle aussi à l'occasion du concert, les filles déballent la grosse artillerie avec Ramones Forever, morceau composé tout spécialement en hommage à la formation new-yorkaise. Gros sourires aux lèvres, elles s'activent derrière leurs instruments pour nous faire passer une soirée mémorable, ça sonne comme dans un garage et on aime ça. L'esprit des 80's vit encore grâce à Shonen Knife, faisant vraiment chaud au cœur.

Le set s'achève déjà, les applaudissements fusent de tous les côtés, apparemment, le public a été convaincu, Shonen Knife aura tout de même fait mouche ce soir, on en redemande. Après une vaine tentative de se sauver, les filles sont poussées à faire un petit rappel pour notre plus grand plaisir ! Cette fois-ci, elles demandent de chanter avec elles le refrain de Sushi Bar. Le public scande en chœur (ou tout du moins essaye) "Sushi, sushi, sushi bar! Going to a sushi bar!". C'est sur cette jolie touche qui donne envie de sauter dans tous les sens et qui donne plutôt faim (tout de même) que nous quittons le groupe après plusieurs minutes d'intenses applaudissements. Ce soir, le concert n'aura pas été bien long, pas loin d'une heure, mais le trio aura percuté le cœur des gens. Un groupe a voir en concert, à écouter en CD encore et encore.

Il n'est que 21 heures et la salle se vide peu à peu, une petite séance de dédicaces s'improvise au stand goodies, les filles sont toutes sourires derrière le comptoir, fatiguées, mais rayonnantes d'énergie. Le public les salue une dernière fois. Un grand merci à elles. Les oreilles encore sifflantes, on n'attend plus que la prochaine fois où le groupe passera en Europe nous saluer à nouveau.

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